FAITS SAILLANTS DE LA RENCONTRE DES COMMISSAIRES D’OCTOBRE 2017

La rencontre du Conseil des commissaires s’est déroulée du 17 au 19 octobre à Akulivik. Il s’agissait de la dernière rencontre des commissaires dans le cadre du mandat actuel de trois ans. Des élections auront en effet lieu le 15 novembre prochain dans toutes les communautés du Nunavik. Vous trouverez ci-dessous un aperçu des principaux points abordés lors de cette rencontre.

Le rapport des vérificateurs financiers confirme que des fonds seront disponibles pour des projets spéciaux

L’excédent accumulé de la commission scolaire atteint actuellement 16 millions $, dont 8 millions $ ne sont pas encore engagés. Au cours des quelques prochaines années, cette somme non engagée servira à financer des projets spéciaux en fonction des priorités établies dans le plan stratégique de la commission scolaire.

Ces projets spéciaux devront répondre à des besoins non récurrents puisqu’il s’agit d’une source de financement non renouvelable.

Ouverture d’un dialogue sur l’éducation entre la commission scolaire et Makivik

En réponse à une invitation du Conseil des commissaires, le président de la Société Makivik,  Jobie Tukkiapik, a présenté la position de son organisation quant au besoin de procéder à une évaluation du système pédagogique du Nunavik.

Il a insisté pour dire que la vérification du système pédagogique demandé par Makivik en cours d’année ne doit pas être perçue comme une menace ou une ingérence dans les affaires internes ou le mandat de la commission scolaire. L’objectif est plutôt d’obtenir un aperçu complet de la position occupée par la commission scolaire par rapport au reste de la province et aux communautés autochtones. Parmi les éléments exigeant davantage de recherche, M. Tukkiapik a mentionné les liens unissant l’éducation et les problèmes sociaux affectant les communautés du Nunavik, la participation des parents et la langue d’enseignement.

Le Conseil des commissaires a accueilli favorablement la possibilité d’établir un dialogue avec Makivik. La présidente de Kativik Ilisarniliriniq a insisté sur l’importance d’une franche communication et d’un échange constant d’information entre Makivik et la commission scolaire. Les commissaires ont en outre réaffirmé l’importance d’assurer la participation de la commission scolaire aux discussions relatives à la vérification du système pédagogique du Nunavik.

La réforme générale de l’éducation des adultes : la planification est en cours avec le soutien du ministère de l’Éducation et la mise en œuvre devrait commencer au début de 2018

La commission scolaire a lancé la planification de la mise en œuvre de la réforme générale de l’éducation des adultes mise en place dans la province en 2009.

La réforme propose une méthode pédagogique fondée sur l’acquisition de compétences qui vise à remplacer la méthode actuellement en place, fondée sur l’acquisition de connaissances, ce qui devrait avoir d’importantes conséquences sur tous les cours de formation générale proposés par le service.

La réforme ne touchera pas les cours de formation professionnelle dispensés par le service. Le ministère de l’Éducation a affecté une équipe pour assister la commission scolaire pendant la phase de planification et du soutien sera également fourni au moment où la commission scolaire entamera la mise en œuvre de la réforme au début de 2018.

La commission scolaire affecte des ressources supplémentaires pour soutenir les élèves et les enseignants en mathématiques, mettant l’accent sur les élèves de secondaire IV et V.

Suite à l’accréditation par le ministère de l’Éducation, en juillet 2017, des programmes de mathématiques, de technologie et de science de secondaire IV, les élèves du Nunavik recevront dorénavant des diplômes d’études secondaires.

Les programmes de mathématiques sont maintenant à égalité avec ceux du reste de la province, même s’il existe toujours un écart en matière de compétences mathématiques. Pour aider les élèves à atteindre les attentes établies par les programmes du ministère, le Conseil des commissaires a approuvé la mise en place d’un programme de tutorat à l’échelle du Nunavik.

Les défis que posait la question du logement sont en train d’être relevés et la mise en œuvre du programme de tutorat devrait commencer en novembre. Ce programme prévoit l’affectation de tuteurs spécialisés en mathématiques dans toutes les écoles du Nunavik. Ces derniers offriront un soutien direct aux élèves une fois installés dans les communautés. Ils pourront aussi offrir soutien et expertise aux enseignants.

Les élèves de secondaire V feront cette année face à une situation difficile. Ils devront en effet réussir l’examen du ministère, ce qui constituera un défi considérable, situation dont les parents et les élèves se devront d’être bien conscients. La période de transition actuelle est nécessaire de sorte que les prochaines générations puissent occuper la place qui leur revient dans le monde d’aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle la commission scolaire affecte des ressources supplémentaires pour soutenir les élèves. Le soutien parental est toutefois aussi essentiel, en dépit de l’ajout de ces ressources.

Le programme de mathématiques JUMP mis en place cette année au niveau primaire permettra à nos élèves d’être pleinement préparés aux examens de mathématiques ministériels de niveau secondaire. Grâce au soutien parental, nous sommes certains de pouvoir, avec le temps, réduire l’écart qui affecte les étudiants en matière de compétences mathématiques pour, en fin de compte, parvenir à l’éliminer.

La langue d’enseignement fera l’objet de discussions par un comité spécial de la commission scolaire et par le Conseil d’éducation lors de leur prochaine rencontre

Les commissaires ont discuté des conséquences de l’enseignement en inuktitut sur la capacité des élèves à obtenir un succès équivalent en langue seconde à celui des élèves du reste de la province.

La discussion a mis en lumière le fait qu’en dépit de la position officielle de la commission scolaire quant à la langue d’enseignement, il n’existe pas de consensus clair au sein des commissaires.

Certains membres du Conseil ont de nouveau indiqué que la décision de la commission scolaire d’offrir un enseignement entièrement en inuktitut de la maternelle à la 3e année était fondée sur les conclusions de recherches menées par des linguistes et des universitaires de grande renommée. Ils en sont venus à la conclusion qu’une langue maternelle bien maîtrisée forme une solide fondation qui facilite l’apprentissage. Les programmes mis au point par la commission scolaire visent à faire de l’inuktitut la fondation sur laquelle les élèves pourront s’engager sur la voie de l’apprentissage.

La présidente a insisté pour que le comité sur la langue d’enseignement se réunisse dans les plus brefs délais. Elle lui a aussi demandé de communiquer régulièrement avec la Société Makivik.

Lors de sa prochaine rencontre, prévue du 30 janvier au 1er février 2018, le Conseil d’éducation discutera aussi de la question de la langue d’enseignement.

Les importants délais dans l’approbation des projets de construction et de rénovation de la part du ministère de l’Éducation deviennent source de préoccupation pour la commission scolaire

Dans le cadre du mandat actuel du Conseil des commissaires, un total de 13 projets de construction ou d’agrandissement d’écoles et de construction de logement ont été présentés au ministère de l’Éducation du Québec. Seulement deux d’entre eux ont été jusqu’à maintenant approuvés.

En ce qui concerne les 11 autres projets, la commission scolaire n’a reçu de la part du ministère de l’Éducation aucune indication quant au moment où leur approbation pourrait survenir, le cas échéant.

Les 11 projets pour lesquels la commission scolaire est toujours en attente de l’approbation ministérielle comprennent notamment : construction d’une école secondaire à Inukjuak; agrandissement de l’école Tukisiniarvik d’Akulivik; construction de logements pour le personnel à Kuujjuaq, Akulivik, Aupaluk, Tasiujaq, Kangirsuk et Puvirnituq; déplacement des bureaux montréalais de la commission scolaire vers le Nunavik.

Le Conseil des commissaires fixe les priorités, analyse et approuve les projets de construction et de rénovation dans le cadre d’un plan sur dix ans qui tient compte des besoins actuels des communautés du Nunavik. En raison des longs délais d’approbation des projets du côté ministériel, les besoins des communautés deviennent toutefois de plus en plus pressants et importants.

Les commissaires ont exprimé leurs préoccupations quant à cette situation. Ils ont exigé que la commission scolaire prenne des mesures pour faire du lobby aux échelons supérieurs du gouvernement et pour établir des liens avec des homologues politiques d’influence.

Ces préoccupations ont d’ailleurs été portées à l’attention du premier ministre du Québec lors de sa visite à Kuujjuaq le 25 octobre 2017.