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Natasha MacDonald : Œuvrer à décoloniser l’apprentissage des langues secondes

Thomassie Mangiok
2023 | 08 | 29
Histoires

Nombre d’entre vous se souviennent peut-être que Natasha MacDonald a été directrice des Ressources humaines à la Commission scolaire Kativik, aujourd’hui Kativik Ilisarniliriniq. Mais saviez-vous que Natasha s’occupe maintenant de décolonisation de l’apprentissage des langues secondes?

Faisons un peu d’histoire… Natasha a commencé sa carrière comme enseignante en anglais langue seconde (ALS) pour ensuite entrer au service des Ressources humaines. En 2021, Natasha entreprenait des études de doctorat à l’université Concordia, dans un programme en technologie éducative et linguistique appliquée axée sur la communication interculturelle en apprentissage des langues secondes.

 

Je suis originaire de Kuujjuarapik, où mes deux parents étaient enseignants. Mon père était Qallunaaq alors que ma mère était inuk, d’où l’importance de l’intérêt que j’accorde à la communication interculturelle. Cela a toujours fait partie de mon identité propre d’être un peu comme une intermédiaire, presque une traductrice, même s’ils parlaient tous les deux anglais. Pour moi, ce domaine est donc essentiel, mais il y a aussi le processus de décolonisation de l’apprentissage des langues secondes.

Natasha MacDonald

La communication interculturelle est un domaine portant sur l’étude de la manière dont la culture influence la communication. Elle tient ainsi compte des éléments qui font naturellement surface lorsque des personnes d’origine religieuse, sociale, ethnique et éducationnelle différentes interagissent, que ce soit dans un contexte social ou professionnel. En d’autres termes, la communication interculturelle tente de comprendre comment des personnes provenant de pays et de cultures distinctes agissent, communiquent et perçoivent le monde qui les entoure.

« Je suis originaire de Kuujjuarapik, où mes deux parents étaient enseignants. Mon père était Qallunaaq alors que ma mère était inuk, d’où l’importance de l’intérêt que j’accorde à la communication interculturelle. Cela a toujours fait partie de mon identité propre d’être un peu comme une intermédiaire, presque une traductrice, même s’ils parlaient tous les deux anglais. Pour moi, ce domaine est donc essentiel, mais il y a aussi le processus de décolonisation de l’apprentissage des langues secondes. »

Qu’en est-il alors de la décolonisation de l’apprentissage des langues secondes? Pour Natasha, il s’agit de l’autonomisation et de la responsabilisation des Inuits, ainsi que de l’idée de transformer la culture en pouvoir lors de l’apprentissage d’une deuxième langue. En mettant l’accent sur les médias sociaux, Natasha travaille à l’établissement d’une pédagogie adaptée à la culture pour l’apprentissage authentique d’une deuxième langue – d’une manière qui peut être adaptée à la réalité des Nunavimmiut, tout en renforçant la culture inuite.

Mon objectif est d’être en mesure de contribuer aux recherches et aux publications sur l’apprentissage des langues secondes dans les communautés inuites, plus particulièrement au Nunavik. Je considère la recherche comme une couche de neige fraîche dans laquelle je trace mes empreintes, en espérant que celles-ci ne seront pas les seules, et qu’il y aura plus de recherches authentiques de la part de chercheurs inuits qui contribueront à ce dialogue.

Natasha MacDonald

En mai dernier, Natasha a participé et a remporté un concours du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) du Canada offrant des bourses d’études au doctorat  pour sa proposition de recherche sur la communication interculturelle et la décolonisation dans l’apprentissage des langues.  Natasha avait aussi précédemment présenté les conclusions de sa recherche à Hawaii lors du Hawaii International Conference on Education ainsi qu’à Reykjavik, en Islande; ces conclusions devraient aussi être publiées dans AlterNative, la revue internationale des peuples autochtones.

« Mon objectif est d’être en mesure de contribuer aux recherches et aux publications sur l’apprentissage des langues secondes dans les communautés inuites, plus particulièrement au Nunavik. Je considère la recherche comme une couche de neige fraîche dans laquelle je trace mes empreintes, en espérant que celles-ci ne seront pas les seules, et qu’il y aura plus de recherches authentiques de la part de chercheurs inuits qui contribueront à ce dialogue. »

Au printemps dernier, l’université McGill de Montréal (Québec) a offert à Natasha un poste de professeure. Elle est la première Nunnavimmiut à enseigner à l’université McGill et collaborera avec l’Office of First Nations and Inuit Education. Félicitations Natasha!

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