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Racines traditionnelles, rythmes modernes : la musique à l’École Jaanimmarik

GABRIEL GAGNON
2026 | 05 | 1
Histoires

Si vous arpentez les corridors de l’École Jaanimmarik et que vous entendez des ukulélés et des chants en inuktitut, soutenus par le rythme d’une batterie, c’est que vous êtes arrivé dans l’univers de Sarah Russell.

Forte de plus de 12 ans de service dans le Nord, Sarah a vu de ses yeux comment la musique transforme l’expérience des élèves. Depuis 2017, elle a fait de sa classe un studio d’enregistrement et une scène. Grâce à son approche unique, elle démontre qu’il suffit de trouver le bon rythme pour créer des ponts entre la culture inuit traditionnelle et la musique moderne.

Ce qui est cool, c’est que certaines classes ont assez d’écoute pour qu’on puisse simplement jammer ensemble. Je me mets au clavier, puis il y a des élèves à la batterie, au cajón, aux tambours inuit et aux tambours Tubano. C’est très percussif, avec moi qui joue une mélodie, mais les élèves écoutent et suivent le rythme. C’est une exploration.

Sarah Russell Enseignante de musique, École Jaanimmarik (Kuujjuaq)

Pratique, constance et persévérance

Sarah voit la musique comme une manière d’enseigner le travail sur le long terme. À une époque où de nombreux jeux offrent une gratification immédiate, elle trouve sa satisfaction à voir des enfants travailler patiemment en vue d’un spectacle. « Tout ce qu’il faut, c’est de la pratique et de la constance », explique-t-elle. « Si tu n’essaies pas, tu n’iras jamais bien loin. Si tu essaies et que tu n’es pas très doué, eh bien c’est déjà un bon point de départ. »

La classe de Sarah offre un paysage sonore à la fois éclectique et typiquement nordique. Un jour, on peut y entendre des jeunes pratiquer le ukulélé ou le piano; le lendemain, toute l’école y enregistre une chanson pour Every Child Matters à l’aide d’un enregistreur numérique.

Sarah s’efforce consciemment d’ancrer la musique dans la communauté. Lors des assemblées, elle invite les élèves qui viennent d’entrer au secondaire à mener les tambours inuit. « Les enfants sont encore plus attentifs quand la personne parle inuktitut », constate-t-elle.

Un environnement pour grandir

Cet esprit communautaire atteint son apogée lors du spectacle annuel de talents. On peut y voir l’art numérique côtoyer les prouesses athlétiques, en passant par une reprise de « Hotel California » par un élève guitariste talentueux, entouré du personnel scolaire.

Une tradition mémorable est le spectacle surprise pour les finissantes et finissants de sixième année. « Nous avons repris la chanson “Texas Hold ‘Em’” de Beyoncé pour en faire une version qui nous ressemble », se rappelle Sarah. « En réécrivant les paroles dans un mélange trilingue d’inuktitut, de français et d’anglais, les jeunes élèves ainsi que de nombreux membres du personnel ont surpris les finissantes et finissants avec une performance qui les représentait vraiment. » Pour Sarah, l’idée est de faire de ces moments musicaux une habitude… un exercice vocal, un coup de tambour et une « nouvelle » expérience à la fois.

Ce n’est pas difficile, c’est juste quelque chose de nouveau. Alors, lance-toi et essaie.

Sarah Russell Enseignante de musique, École Jaanimmarik (Kuujjuaq)

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